Pranam

Artiste : Eric Montbel - Anello Capuano

Nom : Pranam

Parution : 2008

Label : ALSUR

Format : Cristal

Durée totale :

Prix : 12,50 €

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Réf. : CR00851ALSU

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Pranam (Eric Montbel - Anello Capuano)

 

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Le mot Pranam en sanscrit désigne à la fois le respect et la dévotion. Les musiciens du
groupe Pranam ont en commun le respect de la valeur, de la force et de l’impact des musiques
traditionnelles, ainsi que de l’expression artistique individuelle dans toutes les cultures de la
planète. Ils partagent aussi cette dévotion à la pratique de l’improvisation modale et à l’amour
des sons. Les musiciens de Pranam sont réunis autour des cornemeuses d’Eric Montbel et des
luths d’ Anello Capuano. Le premier a promené ses cornemuses françaises un peu partout, du
Mexique aux USA en passant par l’Inde et l’Europe entière, le second joue du oud, du saz, du
sarod, du robab et autres guembris qu’il a étudiés au contact des maîtres dans chacun des pays
où il a séjourné : Inde, Afghanistan, Turquie ou Maroc.
Leur musique est une suite de mélodies et de rythmes composées et/ou improvisées qui, bien que
nourries de souvenirs et d’impressions de voyages, ne se contente pas simplement d’évoquer
: à travers l’émotion elle conduit à la danse, elle provoque le rêve, la joie ou la nostalgie,
la complexité ou l’évidence. Pour ce projet il fallait des complices préparés à ces jeux subtils de
modes et de rythmes. Les percussionnistes de très haut niveau que sont Irshad Hussein Khan
(tablas) et Keyvan Chemirani (zarb, daf) apportent à cette aventure la virtuosité et la précision
nécessaires. MichelGuay, chanteur de Khyal (chant classique de l’Inde du Nord) et joueur de
sitar indien complète l’ensemble de ses touches mélodiques et de ses sonorités acides, partageant
le plaisir de l’improvisation. Françoise Johannel a étudié la harpe irlandaise, puis la harpe
à pédales avec Madalen Buffandeau, elle obtient un premier prix de harpe au Conservatoire
National Supérieur de Musique de Paris, dans la classe de Jacqueline Borot. Elle se spécialise
dans les musiques et instruments médiévaux, Renaissance et baroques (arpa doppia, triple harpe
anglaise) et dans ceux du XVIIIe siècle comme la harpe à simple mouvement. Elle joue soit en
soliste, soit avec de nombreux orchetres et ensembles de musique ancienne comme l’A.R.C.A.L,
les Arts Florissants, Porque Trobar, Roland Marais, Michel Corboz.

Si la traduction en français “Musiques du Monde” est tout aussi floue et fourre-tout, en anglais
on pourrait faire la différence entre “Music of the World” (les musiques traditionnelles du monde)
et “World Music”, plus exactement “Musique Mondiale”, dans le sens d’une musique nourrie
de toutes les matières musicales possibles et qui se joue des frontières géo-ethno-socio-culturelles,
pour n’être que musique, tout simplement, c’est à dire un état émotionnel provoqué par
l’écoute d’un ensemble de sons plus ou moins harmonieux, organisés selon un shéma mélodicorythmique
défini par leur hauteur et leur durée.
Pour alléger la tâche de l’acheteur potentiel, de l’auditeur curieux, ou de l’amateur éclairé,
l’astuce consiste, dans les magasins et les discothèques de prêt, à classer les disques par pays

Mais alors, où classer la musique jouée par un italien qui, venant du jazz et du rock progressif, a
étudié et pratiqué à la source, pendant des années les musiques maghrébines, arabo-turques
et indiennes, et en passant par les musiques médiévales et d’improvisation, s’est imprégné de
toutes sortes de musique extra-européennes ; jouée par un français et une française, l’un grand
spécialiste des musiques populaires du Centre de la France et des anciens répertoires pour cornemuse,
instrument qu’il maîtrise en virtuose, l’autre pratiquant sur toutes les harpes (de la médiévale
à la harpe à pédales de concert, en passant par la celtique, les doubles et les triples) des
répertoires aussi variés que l’irlandais, le médiéval, la Renaissance, le baroque et au-delà ; jouée
par un canadien, ancien guitariste dévoué dix ans durant à l’étude en Inde du sitar, du tabla et du
chant hindoustani, sans oublier les dignes héritiers, l’un d’une famille de maîtres du zarb iranien,
l’autre d’une famille de ustads (maîtres) renommés dans la musique classique de l’Inde du Nord,
qui multiplient les expériences musicales en jouant et en se produisant avec des musiciens de
tous horizons et provenances ?
Si le doute persiste, on se rabat alors sur le rayon “musiques actuelles”, bien que, pour avoir
droit à cette appellation il est préférable pour le musicien créatif de se servir sans modération de
technologies de pointe les plus sophistiquées en matière d’enregistrement et de sources de
production sonore, (up-to-date pour les anglophones), afin de fournir un alibi inter-culturel et se
réclamer d’un courant artistique vaguement contemporain. Mais, attention danger ! car si c’est
chic dans la presse spécialisée et les médias de s’ouvrir aux musiques traditionnelles de cultures
extra-européennes et de se montrer libéral à l’égard des productions orientales ou africaines qui
mélangent à leur façon et sans fausse pudeur, leur fond musical traditionnel aux technologies
actuelles fournies par l’occident, les foudres des caïds de l’ethnomusicologie ne manqueront
pas de s’abattre sur le musicien occidental qui s’autorise quelque liberté avec les musiques
traditionnelles en s’écartant avec désinvolture des règles strictes de la plus stricte orthodoxie.
***
“J’imagine déjà la tête d’un responsable de rayon dans l’un des mégastores branchés, qui, tout
en se grattant le crâne se demande dans quel bac il peut bien ranger ce disque…
C’est vrai que sous le terme “World Music” on range une quantité de choses disparates, de styles,
de modes de jeu et de techniques de production du son aussi différentes que les polyphonies
et l’arc musical des femmes Xhosa d’Afrique du Sud et un morceau de “drum an’bass” concocté
dans quelque sous-sol de la périphérie de Birmingham par un anglo-pakistanais à l’aide de deux
samples (échantillons pour les francophones…) de sitar saturé et quatre mesures de dholak.Enfin pour la plupart du grand public (ainsi dénommé sur le marché discographique pour sa taille
plutôt que pour son discernement) le terme “World Music” sert souvent à désigner le résultat
d’un type de production discographique qui consiste à s’approprier un thème interprété par
un chanteur et des musiciens traditionnels et de le re-looker avec forces nappes de synthés et
boîtes à rythmes dans le but de le rendre consommable dans toutes les boîtes branchées de la
planète…
De ce fait Pranam reste un disque inclassable, car non seulement il mélange allègrement des
musiques d’inspiration occidentale et orientale - au point que dans une même composition ou
improvisation l’on puisse déceler les influences de plusieurs cultures musicales - mais, de plus,
sans synthés ni boîte à rythme (une fois n’est pas coutume…) on peut y entendre le dialogue
de la harpe médiévale avec le oud arabe, le tabla indien, et la cornemuse limousine avec le sitar
indien, le saz turc et le zarb iranien.
Le métissage musical est-il légitime ? Le musicien a -t-il le droit de s’approprier, et de modifier
selon son goût et son savoir faire, la musiquepropre à une autre culture que la sienne (quand
il en reste une)? Autant se demander si un Norvégien a le droit de manger un ananas, au
prétexte qu’il ne pousse pas chez lui ou s’il est légitime pour un Polynésien de cuire un saumon
avec des aromates sur la braise, à l’étouffée dans des feuilles de bananier parce qu’en France on
préfère le consommer avec de la mayonnaise !
En réalité pour les musiciens de Pranam la question du métissage ne se pose même pas, car ils
sont eux-mêmes le fruit d’influences et de pratiques musicales très variées, anciennes et modernes,
venues de tous horizons et c’est la source même de la musique qu’ils produisent.
Peut-être est-ce à cause de mon passé d’orfèvre, mais il me plaît de penser à la musique comme
à un diamant qui, brut n’est qu’un caillou transparent, et qui taillé de multiples facettes (les
styles musicaux du monde entier) se met à briller de millle feux et plus il y a de facettes plus il
brille.
Bref Pranam quelle musique ? Une chose est certaine : c’est en tout cas de la musique.
Anello Capuano

 

Eric Montbel - Anello Capuano - Musiciens

  • Eric MONTBEL : cornemuses, flûtes en roseau
  • Anello CAPUANO : ud, saz, dambura, cura, robab-i-kashmiri, bendir,
  • Michel GAY : vocal, tal (tar), mandal
  • Françoise JOHANNEL : harpe double, harpe à harpions
  • Irshad Hussain KHAN : tabla, gatam, guimbardes
  • Keyvan CHEMIRANI : zarb, daf, gatam
  • Richard MONSEGU : percussions

Titres

01 - YOL (A. Capuano)    7' 06''
02 - PRANAM (E. Montbel, A. Capuano, M. Guay)    6' 56''
03 - JARDIN D’HIVER (E Montbel)    7' 18''
04 - DUO TABLA-ZARB EN 4/4 (POUR IRSHAD) (K. Chemirani, I. Khan)    5' 28''
05 - PLASTIC REEDS IN THE DRONES (E. Montbel)    3' 28''
06 - BYE BYE RAVI (A. Capuano)     7' 43''
07 - L’AMI LOINTAIN (E. Montbel)    7' 39''
08 - SOLO KEYVAN (K. Chemirani)    3' 13''
09 - ALAP CHICKENSTREET (A. Capuano, M. Guay)    3' 15''
10 - CHICKENSTREET (A. Capuano)    6' 04''

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