Quarante rythmes du Moyen-Orient

Artiste : Adel Shams el-Din

Nom : Quarante rythmes du Moyen-Orient

Parution : 2005

Label : Buda musique

Format : Cristal

Durée totale : 58'00

Prix : 12,50 €

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Réf. : CR00979BUDA

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Quarante rythmes du Moyen-Orient (Adel Shams el-Din)

L’Alexandrin de Paris, Adel Shams el-Din, est phénoménal. Un percussionniste jovial et habité avec des doigts d’une souplesse exceptionnelle qui font pratiquement chanter les peaux sur lesquelles ils frappent. Qu’il s’agisse de celles du riqq, le tambour avec ses cinq paires de cymbalettes, du bendaîr, cousin du bendir maghrébin, ou de la derbouka, Adel en tire des mélodies inouïes, quelque chose de familier mais de très personnel à la fois, à l’exemple des sept folles minutes de Souvenir de Fès, l’un des meilleurs morceaux instrumentaux du disque, où le percussionniste égyptien excelle dans la maîtrise des rythmes traditionnels marocains jusqu’à pratiquement les réinventer. Il en fait une course fantastique, dansante et sensuelle, une suite de trois mouvements où se succèdent la cadence enlevée d’une nouba arabo-andalouse et cette frappe insensée de la daqqa de Marrakech, une chevauchée échevelée entre percussions et claquement des mains, ces palmas de palmeraie effrénées, à l’énergie quasi-mystique.

Shams el-Din est un derviche tourneur de la percussion. D’ailleurs, il prend son bandaîr, dit aussi daf, qu’il fait résonner presque comme un gong pour cadencer une sorte de douce scansion sur Echos soufis. Il évoque ainsi le zikr, cette cérémonie de la remémoration modulée du nom du Divin et propagée dans tout l’empire ottoman, de l’Albanie jusqu’au Moyen-Orient, le Machreq arabe. Il y a aussi une ferveur liturgique dans Chapelet de perles, plus de neuf minutes de transe. Une improvisation inspirée par une traversée syrienne entre Damas et Alep, qui commence lente, menée par trois rythmes dont l’agilité et la variété de tons donnent tout doucement le tournis. Avec Darabukka, on assiste à une diversité de couleurs au registre impressionnant, de la vivacité, de la langueur, une composition entre finesse et gravité. Dans Quatrains égyptiens, il s’agit véritablement d’une discussion enlevée, une joute où rivalisent de virtuosité et d’éloquence daf, darbouka et sagat (prononcer sagatte), ces cymbalettes aigrelettes qui y apportent une note d’humour. L’ex-futur ingénieur Adel Shams el-Din est aussi un ingénieux farceur.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com